Tourisme

Coeur historique d’Estepona

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Aujourd’hui on estime que la ville compte  grosso- modo 174.000 résidents, avec un important brassage de nationalités. Les anglophones sont en tête et les français, belges, suisses, canadiens et marocains, d’expression française sont très largement représentés

Son histoire :

Les premières traces d’Estepona datent de l’époque Néolithique! L’âge de Pierre et de Bronze qui suivirent laissèrent plein de précieux souvenirs que l’on peut d’ailleurs voir regroupés dans le musée qui se trouve plaza del toro. Les nombreux sites archéologiques de  la région témoignent du passage de différentes civilisations et cultures. Les Phéniciens s’y installèrent il y a 3000 ans, et commencèrent le premier négoce de pêche. Les Romains suivirent en développant davantage le commerce et en laissant derrière eux des thermes. Enfin, les Arabes occupèrent eux aussi les lieux en y restant présents du 8ème siècle jusqu’au 15ème.

Le nom actuel de la ville est probablement dérivé d’Astabbuna, d’origine Maure. Tous les villages du bord de mer ont été détruits par une vague de fond au quatrième siècle après J.C. Malheureusement, avec le développement immobilier massif, il ne reste aujourd’hui à voir que peu de traces de ce riche passé, même si quelques fondations et autres céramiques ont été préservées. Tout laisse à penser qu’Estepona ait été un endroit d’importance avant l’arrivée des Maures. Al Jhatib d’Aben, écrivait au 14ème siècle, qu’Estepona était en pleine décadence, ses monuments ayant en grande partie disparus, alors qu’elle jouissait d’une forte réputation gastronomique – vraisemblablement des spécialités de poisson. Les auteurs anciens ont choisi d’ignorer son existence et le pourquoi reste un mystère. Malgré son ancienneté incontestable, la ville est totalement absente des mémoires historiques écrites jusqu’à l’ère de Califate.

Estepona ne comptait, il y a 100 ans, que 9000 habitants, essentiellement fermiers et pêcheurs. Son cœur a su préserver son authenticité et son charme, en dépit de l’invasion des touristes. En 1940, un recensement des professions nous indiquait: huit tisserands, cinq conditionneurs de riz, deux tailleurs, deux forgerons, un armurier, un imprimeur, un avocat, deux vétérinaires, un couple d’ébénistes, trois couturières, deux agents de douane, deux sages-femmes, et pas moins de cinq médecins! Il y  avait une quincaillerie, un magasin de chaussures, une pharmacie, une banque, une école, une scierie, et un cinéma, complétés par deux pâtisseries, trois auberges, sept tavernes, un restaurant, un bar, un bodega, et un hôtel. Aujourd’hui on estime que la ville compte grosso-modo 174.000 résidents, avec un important brassage de nationalités. Les anglophones sont en tête et les français, belges, suisses, canadiens et marocains, d’expression française sont très largement représentés. L’été voit doubler le nombre d’habitants, comme partout ailleurs sur la côte. Le cœur de la ville est resté résolument très andalou et une promenade dans ce centre nous déconnecte pour un moment de l’agitation moderne.Estepona

Balade à pieds dans Estepona

Il est très difficile de parquer sa voiture, aussi le plus simple est de la mettre dans le parking souterrain à l’entrée de la ville et de commencer votre promenade calle Real au croisement de la calle Terraza. Si vous vous engagez sur la calle Real à gauche (direction ouest), vous serez sur un boulevard piéton bordé de boutiques en tout genre et aboutirez sur une charmante petite place située au bout à droite: plaza Almengual flanquée de deux statues représentant des pénitents. Plus loin, vous tomberez sur la Maison du Tourisme et le grand boulevard qui sépare la vielle ville de la nouvelle. En revenant sur le point de départ: calle Real/calle Terraza, engagez-vous au milieu sur la rue Carmen Sevilla pour aboutir à la place centrale: Plaza de las Flores, piétonne, avec ses orangers et sa fontaine. C’est un endroit très agréable pour y prendre un café. Sur cette place, vous trouverez la Casa de la Cultura (Maison de la Culture). Jetez un œil à l’intérieur car il y a souvent des expositions d’artistes locaux. En remontant sur l’ouest: calle Raphael puis calle Castillo vous tomberez sur votre droite sur les ruines du Castillo San Luis. Il n’en reste pas grand-chose, mais ce château à été construit par Enrique IV lorsqu’il prit possession de la ville en 1467. La pièce maîtresse est un canon, situé au centre de ce jardin paisible et fleuri.

En remontant la calle Viento vous aboutirez à la mairie et ensuite vers la tour de l’horloge… Comme les autres villes d’Andalousie, Estepona était combattue par les Maures et lorsqu’Enrique IV la captura, il décida de construire une église sur l’emplacement de la Mosquée. Vous constaterez qu’il ne reste de cette église que la tour de l’horloge. Torre del Reloj. Au 18ème siècle, on y ajouta un dôme néo-classique. Signalons qu’il s’agit de la plus vieille église construite en Andalousie, même s’il ne reste aujourd’hui que sa tour. Tout près, plaza San Francisco, se trouve l’église Nuestra Señora de Los Remedios. Construite au 18ème siècle, tour à tour église, puis monastère, puis hospice, l’entrée principale ainsi que l’église elle- même est un étrange mélange de style rococo et colonial américain. En redescendant, vous pourrez admirer les charmantes ruelles qui forment le cœur ancien d’Estepona. Vous rejoindrez la plaza Doctor Arce et trouverez le café- glacier central, endroit incontournable  où les espagnols se retrouvent tout naturellement pour bavarder  et déguster une glace locale.

En laissant le glacier derrière vous sur votre gauche, rejoignez la calle Terraza que vous avez emprunté au début et traversez la route pour entrer en face dans la calle Caridad et déguster un fino (sherry) et quelques tapas. Le soir, l’ambiance y est bon enfant, il y a des tables dehors, sur le trottoir. Vous baignerez dans une atmosphère andalouse. Si le cœur vous en dit, dirigez-vous plein sud en ne traversant que deux rues pour vous retrouver sur le «paseo maritimo» où se trouve une étonnante collection de cactus. Plus loin, en reprenant votre voiture et  en remontant sur l’ouest, vous atteindrez le petit port d’Estepona sur la gauche et ses très nombreux cafés et restaurants et où se déroule le marché touristique le dimanche matin.

Estepona est une des villes de la côte qui a su garder un cœur authentique, avec son charme et son caractère malgré l’invasion constante des touristes et une expansion immobilière spectaculaire depuis quelques années.

Auteur : Pierre Surcoux

Estepona ville

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