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Boire ses repas pour travailler plus

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ETATS-UNIS Le régime liquide serait en vogue dans les startups californiennes…

Boire ses repas pour travailler plus, la nouvelle tendance dans la Silicon Valley

Le temps, c’est de l’argent. Et après avoir rogné sur le sommeil en se dopant à l’adderall, les forçats de la Silicon Valley auraient trouvé une nouvelle recette pour augmenter leur productivité : le régime liquide, à base de poudre protéinée contenant tous les nutriments nécessaires pour (sur) vivre. Barjavel et son « mange machine » de La Nuit des temps ne sont plus très loin.

Les potions magiques s’appellent Soylent, Schmoylent ou Schmilk. Elles sont fabriquées par des startups à peine réglementées par la FDA (Food and Drug Administration) grâce à leur statut de compléments alimentaires, qui utilisent des ingrédients déjà approuvés individuellement. A la différence des shakes populaires dans le monde du fitness, elles proposent un équilibre glucides/lipides/protéines calculé pour répondre aux besoins alimentaires quotidiens, le tout pour moins de 10 dollars par jour pour 2.000 calories.

20 millions de dollars investis.

Cette nouvelle nutrition est-elle un vrai phénomène ? Le New York Times, qui a consacré plusieurs articles à la tendance, propose quelques témoignages d’informaticiens ayant troqué le régime Pringles/Coca pour Soylent. La concoction a été servie lors d’une fête organisée par la firme d’investissement Andreessen Horowitz, qui a injecté, avec d’autres, plus de 20 millions de dollars dans la startup. De nombreux nouveaux clients sont sur liste d’attente face à la demande. Mais sans chiffres précis, l’ampleur du succès reste difficile à mesurer. À l’opposé, des entreprises comme Google et Facebook proposent à leurs employés des repas préparés par des chefs.

Soylent, qui a lancé une « pré-bêta » en 2013, a depuis constamment modifié sa formule, notamment en diminuant les fibres non solubles pour réduire les problèmes de flatulence. Le fondateur de la startup, Rob Rhinehart, 26 ans, a joué les cobayes pendant deux ans et a chroniqué son expérience sur son blog. L’alerte la plus sérieuse, à ses débuts ? Une overdose de potassium, qui a causé une arythmie cardiaque et de l’hyper-tension.

Depuis, l’apprenti-sorcier a embauché des nutritionnistes et des gastro-entérologues, et une vaste étude scientifique est en cours. De nombreux experts appellent cependant à la prudence. Si certains malades sont forcés d’adopter une nutrition 100 % liquide, la mastication et la salive joueraient un rôle dans la sécrétion d’hormones régulant l’appétit, selon une étude de l’université de l’Iowa.

« Comme de renifler du carton »

La version open-source 1.4 de Soylent utilise une trentaine d’ingrédients : farine d’avoine, maltodextrine pour les sucres, protéine de riz, huile de tournesol pour les graisses et de poisson pour les acides gras, minéraux et vitamines. Le résultat ? Selon un sommelier qui a réalisé un test pour le New York Times, c’est « un peu comme de renifler du carton », et ça a « la texture et le goût de la pâte à crêpes ».

Mais pour Rhinehart, c’est secondaire. La priorité, c’est l’efficacité. Il vit selon la philosophie du patron de Tesla, Elon Musk, qui aurait déclaré, selon une biographie non officielle : « Si je pouvais ne pas manger pour travailler davantage, je ne mangerais pas. » Bienvenue dans un monde sans saveur et sans joie.

Soylent

Sources: www.20minutes.fr

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