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A Londres, les cabines rouges…

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A Londres, les cabines rouges ne veulent pas raccrocher

A Londres, le temps des cabines téléphoniques plantées à chaque coin de rue, comme seul moyen de communication, est loin derrière. Aujourd’hui, les quelques téléphones rouges en bonne forme sont réduits au rang d’attraction touristique et n’ont d’utilité qu’à prendre des selfies. Quoique, les Anglais font preuve de créativité pour insuffler une deuxième vie à leurs cabines préférées.

De la K1 à la KX100

Les Anglais tiennent beaucoup à la cabine rouge : élue design préféré des Britanniques en 2015, elle est considérée patrimoine culturel et historique de la Grande-Bretagne.

La première cabine standardisée, baptisée Kiosk nº1 (ou K1), fut installée en 1921 dans les campagnes anglaises. Alors qu’au début du siècle les téléphones ne servaient qu’aux commerçants, les abonnements privés se sont multipliés à partir des années 30 et de plus en plus de foyers étaient pourvus d’un téléphone. L’usage du téléphone s’est répandu et la cabine téléphonique est devenue un appareil du quotidien.

En 1921, la K1 était blanche et en forme de pagode, loin de l’esthétique que nous connaissons aux cabines anglaises aujourd’hui. De nombreuses versions lui succèderont : la plus connue est celle de 1935 dessinée par Sir Giles Gilbert Scott, architecte de la centrale électrique qui sert aujourd’hui de musée au Tate Modern. D’un rouge distinctif et arborant une couronne dorée au dessus de la porte, la version de 1935 est la plus souvent reproduite sur la panoplie de souvenirs et de goodies « made in Britain ».

A Londres

Quatre cabines, en 2010 à Londres –

Le Kiosque nº7 annonce le déclin du téléphone rouge en 1963 : faite d’aluminium et de verre, cette cabine moderne avait pour but de remplacer les cabines les plus vieilles. Mais l’aluminium ne va pas avec le climat anglais : la pluie le décolore et l’oxyde. Seulement quelques prototypes seront installés en public et serviront pendant une vingtaine d’années. La KX100 introduite en 1983 suit cette lignée : 5 000 exemplaires, légers et métalliques, seront distribués chaque année jusqu’en 1996.

Ainsi, sa forme a beaucoup changé au cours du siècle. Du blanc au rouge, en bois ou métal, la cabine anglaise est même devenue jaune dans les années 70. A l’époque, beaucoup de cabines étaient vandalisées : vitres cassées, elles étaient renversées par terre ou même incendiées. La British Telecom installa le modèle Oakham, un engin minimaliste consistant d’un poste de téléphone couvert d’un capot jaune poussin.

Face à l’évacuation des cabines vétustes dès les années 80, beaucoup d’habitants se battent pour conserver les boîtiers rouges dans leurs quartiers. Une protection légale sera octroyée aux cabines listées comme patrimoine historique et culturel.

Adopte une cabine !

Avec presque 100 ans d’histoire et seize versions différentes, la cabine téléphonique anglaise est un objet à collectionner. Dans les années 80, à l’occasion de la modernisation de son réseau, la British Telecom conduit une vente aux enchères. Aujourd’hui, on peut trouver ces pièces sur Internet pour le prix de 2 390 euros. Parfait pour décorer votre jardin, vous pouvez commander la vôtre ici.

Les villages peuvent aussi racheter les cabines à BT grâce au programme Adopt-a-Kiosk qui, pour la somme symbolique d’un pound, permet aux habitants de conserver leur cabine menacée d’extinction. Les cabines sont transformées en bibliothèque, cafét, sculpture ou poste de secours munis d’un défibrillateur, en cas d’urgence.

A Londres, les autorités donnent une deuxième vie aux cabines : certaines disposent de wifi ou contiennent des distributeurs de billets. Un duo d’étudiants fraîchement sortis de la London School of Economics recycle les cabines en stations de chargement de téléphones portables. Muni d’un panneau solaire et de câbles pour divers appareils, le prototype aujourd’hui situé dans une grande rue commerçante du centre, charge votre portable gratuitement.

Mais en attendant la mise en place des projets novateurs, les vielles cabines rouillées aux coins de rue restent les téléphones roses des quartiers. Les « Tart Cards », des petites annonces de prostituées, sont devenues un symbole presque aussi emblématique que les cabines dans lesquelles elles se trouvent.

Sources :   rue89.nouvelobs.com

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