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« La préoccupation des jeunes reste l’amour et l’infidélité »

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Le Doc, Christian Spitz, a repris l’antenne depuis 2013, ce qui lui permet d’observer la jeunesse d’aujourd’hui. Nous lui avons demandé de la comparer à celle des années 1990.

Il a marqué toute une génération dans les années 1990. A une époque où on l’écoutait sur walkman et où on découvrait les Girls et Boys Band. Depuis 2013, le Doc, Christian Spitz de son vrai nom, est de retour sur Fun Radio, à l’écoute des jeunes d’aujourd’hui, ceux qui snapchattent et périscopent. On a eu envie de savoir les différences qu’il observait entre ces deux générations, celle des années 1990 et celle des années 2010.

Une capture d’écran du site de « Lovin’ fun »

Rue89 : Vous avez observé des changements avec le développement d’Internet depuis les années 1990 ?

Christian Spitz : Ce qui change surtout, c’est le contexte. Le panier de la pornographie imprègne les plus jeunes au quotidien. Pour autant, je ne pense pas que ça change forcément quelque chose. Pour les plus fragiles si, mais pour ceux qui sont équilibrés… On voit peut-être un tout petit plus de velléités de sexe à trois ou en groupe mais bon…

Et les réseaux sociaux ?

Les réseaux sociaux servent aux jeunes pour arriver à l’émission, mais sur le fond, ça ne change rien. Chaque génération attend la même chose. Il faut relativiser l’impact d’Internet. Ce qui est intéressant, c’est qu’avec ce flot d’informations, rien ne remplace le dialogue direct, le témoignage. C’est au travers d’une expérience donnée que les jeunes arrivent à s’identifier, à se retrouver. Ce qui reste aussi c’est un besoin de dialogue sincère, d’un entretien singulier.

Il y a des sujets dont vous n’entendez plus parler ?

On parle vraiment moins du sida et des IST. Quand j’ai commencé dans les années 1990, il y avait une énorme pression sur ces sujets. Aujourd’hui, c’est fini.

Au contraire, quel est le sujet qui revient beaucoup ?

La principale préoccupation, celle qui ne bouge pas et ne bougera jamais, c’est l’amour et l’infidélité.

Il est question aujourd’hui de « plans cul ». Ce n’était pas le cas hier mais sur le reste, tout demeure. L’intransigeance face à l’infidélité notamment. Quand ça arrive, ils ne se posent pas de questions. C’est : « Tu trompes, tu dégages  !  ».

Une fois, un type nous appelle, il était en «  plan cul  » avec une fille depuis deux ans ou quelque chose comme ça. Il avait envie de plus avec elle, d’un couple. On lui propose d’appeler la fille. Dans ma tête, j’étais sûr qu’elle dirait «  oui  ».

Elle décroche, il lui expose tout. Elle l’écoute puis, quand il a fini, elle lui dit  : «  Non, j’ai un mec. Je couche juste avec toi, moi.  » Il savait qu’ils étaient amants et qu’ils n’étaient pas engagés mais pas qu’elle avait un copain. Il a commencé à la traiter de «  salope  », je l’ai arrêté tout de suite…

Le sexisme a reculé ou pas du tout ?

Non, ça, ça n’a pas changé. Dès qu’une fille couche avec quelqu’un c’est une «  salope  ». Les insultes sont très élaborées. On constate un peu moins d’homophobie en revanche.

Qu’est ce qui ressort des réseaux dans les appels que vous recevez ?

Pas grand-chose. Snapchat c’est une façon de se montrer, d’exister mais tout cela reste très superficiel…

Et vous, vous êtes sur les réseaux sociaux ?

Ce n’est pas moi qui m’en occupe mais oui !

Source :   rue89.nouvelobs.com

 

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